Le Portrait de Dorian Gray

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Pendant des semaines, il ne montait pas, et il oubliait l’horrible chose peinte en se tournant, le cœur léger et rempli de joies insouciantes, vers les plaisirs de la simple existence. Puis soudain, une nuit, il se glissait hors de chez lui pour se rendre dans un endroit sordide près de Blue Gate Fields, où il pouvait rester des jours et des jours, jusqu’à ce que les gens l’en chassent, emplis d’horreur, exigeant de lui de monstrueux pots-de-vin en compensation de leur silence. À son retour, il s’asseyait face au portrait, parfois le haïssant tout en se haïssant lui-même, ou d’autres fois avec la fierté révoltée qui participe à la fascination pour le péché, souriant secrètement de plaisir devant l’ombre difforme condamnée à porter le fardeau qui aurait dû être sien.

L’art n’a pas à être moral, l’artiste n’a pas à s’occuper des conséquences sociales de son chemin vers le beau.

Oscar Wilde y laissera la vie. Aura de scandale qui le poursuit toujours.

Publié en 1891 dans le Lippincott’s Monthly Magazine, c’est une version épurée par la morale d’époque qui paraît en roman, et qui sera traduite en français dès 1895. Il était temps de rebattre les cartes et de présenter le livre en français dans sa version originale, avant les coupes subies par le roman – le monde anglophone a fait aussi cette révision. L’occasion pour Christine Jeanney de reprendre entièrement un récit universel, et l’aiguiser pour la langue d’aujourd’hui, en exclusivité pour publie.net.