Journal — Coton ///

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Sans amorce ni trompette ni tambour, pas d’intro ni de fil rouge, j’entame, tout feu tout flamme.

Écoute ça pendant que tu lis, c’est beau pis doux, ça sent l’été, l’herbe fraiche et la route qui défile. Avec du soleil. Et aucune responsabilité. Pas de travail (même si j’le biche, hein, mon travail). Pas de décisions à prendre (même si ça va, je suis pas présidente de l’univers, mes décisions sont pas trop lourdes à porter). Seulement rire pis bicher. Musique.

Je me dis toujours que quand tout va bien, tout file coton facile sans heurt sans accroc sans chute vertigineuse sans baffe sans ombre au tableau, alors il va arriver, il va se caler violemment, d’un coup sec, sans coup de semonce, le grain de sable pour faire dérailler la petite mécanique bien huilée qui nous anime.

Mais le grain de sable c’est soi-même. Life is too short. On a déjà du mal à suivre le présent.
Le présent ? Le présent c’est Bruxelles par exemple (et partout ailleurs où la haine condamne à mort)(damned, le terrorisme me fait parler comme une miss France). Le présent est bien trop sombre pour ne pas profiter de la lumière quand il y en a. 
Le grain de sable c’est soi-même. Alors stop aux grains et allons voir la mer. Enterrons les coups de blues et les doutes dans le bleu de l’horizon. Calons-nous peinards dans le silence, solos du ghetto, sans rien ni personne pour travailler au corps et remuer l’esprit. Comme ça.

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Découvert Sammy Slabbinck et ses collages vraiment top.

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Depuis le début de son histoire, publie.net est une aventure collective. L’idée que le web est (aujourd’hui encore plus que jamais) l’espace propice pour accueillir et porter la littérature contemporaine est toujours l’un de nos principaux moteurs. Laboratoire permanent de nos écritures, lieu de rencontre entre les voix et les lectures, domaine où le lirécrire a brouillé bien des frontières et a permis la naissance de communautés créatives et conviviales, si nous en sommes ici aujourd’hui c’est que nous avons progressé ensemble depuis tout ce temps. — Lire l’article.

Prenez un capitaine d’opérette. Laissez-le prendre la barre. Faites-lui confiance. Et découvrez (arf, le découvrez-vous vraiment ? Vous vous en doutiez un peu pour certaines choses, c’est là votre tort) ensuite qu’il ne sait ni naviguer, ni lire une carte, qu’il ne sait pas où il va, qu’il ment à son équipage et qu’il vole sans honte ni remords la marchandise de la cale pendant que ses matelots sont au pain et à l’eau. Pardonnez-vous ? Difficile, hein. Difficile de pas être furieuse quand à chaque fois qu’on soulève le tapis, on retrouve de la poussière dissimulée. Mais à présent ça continue, contre vents et marées, et c’est l’heure de gagner des batailles, de nouveaux territoires et de ne plus s’occuper du passé. La roue tourne, il faut avancer.

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À venir, par exemple :

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et

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et puis aussi un superbe travail [Big Bang City] de Mahigan Lepage le serial-traveler (un peu comme Seb Ménard) que je commence à mettre en forme, qui va être hyper coloré, fou, big, comme ses cities.

 

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Le manuscrit de Mahigan, gros gros morceau à fabriquer

et puis un cut-up collectif autour du site — et de la figure incontournable — de Brigitte Célérier, le 29 avril

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et puis le quatrième tome de La Saga de Mô : Tabarka, le 1er juin :

« La fascination des serpents, mon pauvre Mô, tu t’embarques sur une de ces galères… Il y a longtemps que cela ne t’était pas arrivé. Trop calme le pépère, tu te croyais hors du coup, définitivement à l’abri, froid, et te voilà reparti, et pas qu’un peu, attends, la totale, avec fièvre, frissons et adrénaline. Remarque, avec les emmerdes à venir, l’adrénaline, mets-la de côté, tu en auras besoin. »

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Mô a vieilli. Il lui aura fallu vingt ans pour digérer son voyage infernal sur l’étang d’encre. Il se croit pacifié, rangé des voitures, il tisse sa toile, tranquille et sans accroc. Mais dans l’ombre de son paradis, ressurgit sans crier gare la valse des embrouilles.

Main dans la main avec une inquiétante Chinoise, il rôde et bataille avec des mafieux russes, trafique avec ses vieux copains et sème à tire-larigot des cadavres dans son sillage. Une nouvelle course dopée à l’héroïne qui sent l’amour à mort et la vengeance sauvage.

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Un livre important, écrit par une personne trèèèès importante pour moi, Christine Jeanney, qui en plus d’être talentueuse, généreuse, est très drôle, est un membre essentiel de publie.net, m’accompagne depuis des années sur ce chemin-là, a essuyé des tempêtes et des orages et est toujours sur le pont, je la biche et il faut la lire, vraiment. Et pourquoi pas l’écouter également.

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Et lire l’entretien mené avec Guillaume Vissac : « Le passé est une langue étrangère ».

Il y a ça aussi, Les Ruines de Paris sont en précommande, nouveau-né papier de la collection ArchéoSF. C’est beau, c’est pas cher, et c’est beau aussi. Et pas cher. Et… bref, vous voyez le truc.

Les Ruines de Paris

Les Ruines de Paris : allez hop, on commande, on biche !

Je prépare ça aussi, méga gros morceau de 700 pages, ça va être huge.

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Et puis, et puis, raaaah je ne peux pas parler de tout, mais il y a aussi la mise à jour et la sortie de tous les volumes du cycle poétique de Jacques Ancet Obéissance au vent, que je suis en train de préparer pour *on croise les doigts* le marché de la poésie où nous aurons un stand (youhou) !

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Mais le travail ce n’est pas que publie.net. Formidable expérience d’aller vivre quelques jours (oui, carrément) chez une future éditrice de mon âge pour lui apprendre à coder des bouquins. Se couper du monde dans une baraque-catalogue super belle, dans la campagne, avec quelqu’un d’intelligent, de drôle et de sympa, qui comprend tout, qui comprend vite, qui s’intéresse, qui s’investit : des formations comme celle-ci, j’en donne tous les jours.

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Sommières City, sous le soleil

Panoz, de son côté, turbine toujours à fond les ballons. Par exemple, , , . Et devient célèbre à l’international, maintenant il est invité de l’autre côté de l’Atlantique, pis tout, c’est foufou.

D’ailleurs, petite annonce :

Éditeurs, fabricants, nous donnons une formation qui intègre Indesign et EPUB dans votre workflow. On code, on débug, on débroussaille, on améliore, on fabrique, sur deux jours, à Paris chez Fontaine O Livres, les 19 et 20 mai. Faites passer le mot ! Le programme est ici.

De la neige et du bruit / des copains, du rire et des larmes. Pas facile la life 🙂

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Petite affiche avec coupine Katja en guest star

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*** La minute cinématique ***

Coup d’cœur fabuleux (en retard sur le monde entier, j’imagine) pour Paolo Sorrentino. J’ai découvert l’esthétique magique de ce réalisateur avec Youth, et le jeu fabuleux des acteurs, la justesse des silences, la beauté des dialogues, le drame qui ne dit pas son nom, et puis la musique, et puis l’étrangeté et l’équilibre des plans, leur couleur, leur texture, ce cadre qui les met hors du monde ; mais au-delà du film, c’est un réalisateur qui s’impose. On sent que c’est son œil, son souffle, son émotion qui égrènent chaque seconde de ce film. Comme le chef d’orchestre et le réalisateur qu’il met en scène dans son histoire, il fait vibrer sa petite musique en cherchant la fin. On dit toujours « C’est le croisement de plusieurs destins qui blablabla ». Bon là, ben oui, aussi. C’est un presque-huit-clos, au cœur des montagnes, c’est vert, c’est frais, on se les pèle, un grand hôtel thermal pour le gratin de ce monde, avec de la flotte et des corps dedans. Ça peut paraître bizarre, ou lent, mais ça cogne et bouscule. C’est fin pis juste pis beau pis paisible et remuant à la fois, c’est une baffe bien placée, pile poil entre ton cœur qui te rythme et la vie qui ne sait pas danser en cadence, un regard tac tac droit dans les yeux qui te fait réfléchir à l’avenir, à la vieillesse, au corps, à la mort, à l’amour, dame ! des trucs qu’on croirait usés jusqu’à la corde tellement on en parle mais qui sont le socle de toute chose, au fondement de notre existence (en fait)(ça devient niais là ? bon j’arrête). Same thing (en plus elliptique) pour This Must Be The Place, mais je ne renonce pas à tout comprendre un jour. En tout cas, parole, ça fait coton-papillon de mirer Sorrentino au creux de bras qu’on biche tout en se coupant du reste du monde.

My name is Hugh Glass. You killed my son. Prepare to die!

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Par contre niveau coton doux papillon et tout ce foin, c’est moins évident avec Leo. J’ai mangé dans ma face The Revenant, c’était au cinéma, et quand je suis sortie, j’avais froid, l’impression d’avoir marché pendant mille jours dans la montagne avec des Indiens aux trousses et du sang partout sur mon corps, l’impression d’avoir pioncé dans un cheval mort, le dos lacéré par un ours un peu plus bad bear que Winnie l’ourson. Mais Leo est toujours magistral, fabuleux caméléon, rien que pour lui et sa p’tite statuette qu’il mérite, il faut aller se perdre dans les grandes étendues glacées de ce monde hostile.

*** Fin de la minute cinématique ***

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Du coup maintenant le programme c’est profiter de la life parce que l’été s’en vient, travailler efficacement pour avoir le temps de faire des trucs de type bobipster comme fabriquer des choses avec du bois et ses mains ou manger des graines en ayant l’air cool. Et puis se réveiller sous le chant des oiseaux, avec l’odeur du café, un chat qui ronronne au creux de la couette, en écoutant Nina Simone, avec ce chouette bouquin qui se dévore trop vite.  Hurry up les cocos, l’espoir est partout. On avance pour tous ceux qui tombent / wake up. Coton file doux pas si facile, mais c’est là que tout commence, coton paz coton risa coton dolce vita / y con esta sonrisa en tus ojos / c’est le printemps, renaissance, on avance, on avance, on avance.

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Images de Miles Hyman

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Ce soir, je m’habille de mon plus beau fou rire, on va voir Vincent Dedienne et j’suis bien pressée.

Et aussi, il faut écouter Alain Musset parler de Coruscant.
Guerre des classes dans l’espace
Qu’elle soit réelle ou imaginaire, une ville suppose des immeubles, des transports, des quartiers riches et pauvres… Géographe passionné de science-fiction, fan de Star Wars, Alain Musset est aussi directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et spécialiste des cités d’aujourd’hui. Il nous fait visiter Coruscant, la ville-planète de Star Wars, et dresse un parallèle entre ce monde imaginaire et le nôtre.

Et découvrir ce fabuleux faussaire qu’est Adolfo Kaminsky et qui sauva la vie de milliers de personnes avec ses faux papiers…

Et enfin, je sais pas ce que j’ai foutu tout ce temps alors que j’écoute cette radio [FIP FIP FIP] en boucle depuis des années, mais je viens juste de découvrir qu’elle avait des archives. Au lieu de screenshoter en rafale mon écran pour me rappeler des chansons…
Archivons-nous.

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EDIT DU 8 AVRIL / RAÍCES Y NIÑEZ quand peut-être un jour la maison de ton enfance va disparaître de la carte de ta life.

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8 avril, naissance de Brel.
« C’est marrant, personne n’a voulu que je débute, et personne ne veut que je m’arrête. »
Petite émission ici.


Et puis, sinon, révolution, non ?

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Programme de la semaine de mon pote @Norkhat

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peace

Et puis sinon, coton.