une-vacances

Journal — La fin du ciel ///

ça commence
ça commence comme ça
un jour on se dit qu’on partira dans le soleil
même si c’est loin dans le temps
on se dit qu’on partira dérouler l’été
alors ça commence comme ça
avec les copains mettre un point d’exclamation sur un point de chute
et dire tope-là on y sera dans six mois les cocos
yallah

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une-wars

Journal — Wars ///

« Cher journal », aujourd’hui, c’est la guerre et je suis en retard pour la faire.
J’ai oublié d’être pleine d’espoir : je n’ai pas d’excuse pour ça. J’ai oublié d’être engagée : je n’ai pas d’excuse pour ça non plus.

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une-carrefours

Journal — Carrefours ///

Vango marche sur les toits de Paris. Il connaît par cœur le chemin aérien entre les carmes et le jardin du Luxembourg. Il peut le parcourir presque sans toucher terre. Il sait que la police est postée devant le séminaire, et n’attend que lui.
Vango traverse des étendues de zinc, glisse sur l’ardoise, bondit entre les cheminées. Il connaît les câbles tendus pour franchir les rues. Il ne dérange même pas les pigeons amoureux d’avril qui roucoulent dans les gouttières. Il survole les habitants des soupentes, les étudiants, les bonnes, les artistes. Il ne réveille pas les chats, n’effleure même pas le linge des terrasses. Parfois, à une fenêtre ouverte, une femme emmitouflée dans une couverture respire l’air de la nuit du printemps.
Sautant de toit en toit, il passe juste au-dessus, sans un bruit.

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Fragments / Petite graine

Elle s’infiltre insidieuse la nuit quand tu t’éteins, le jour quand tu crois que la pluie l’a noyée que le soleil l’a grillée. Elle est là, tout le temps, et même si elle dort… souvent ce n’est que d’un œil, crois-moi. Elle ravive des douleurs qui n’ont jamais existé et t’enroule dans les histoires que tu as tricotées. Elle est là, sombre, orageuse et tourmentée, invisible et partout. Elle est le cri silencieux qui résonne dans ta tête.

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Fragments / Anarchie au pays des merveilles

{Salut poupée.}

Le mec il commence comme ça. Salut poupée. T’as du son qui fait rebondir tes tripes en ballet de montagnes russes, t’as de la poudre jusqu’aux yeux et des buvards qui fondent sur ta langue, t’es dans la brumusicale, au cœur du tourbillon, dans l’œil du cyclone, t’en finis plus d’te perdre à la sauvage dans le boum-boum électronique déphasé en dents de scie triphasé tac tac emphase désespérée cri sans lendemain t’es là pis t’es bien, t’es  l’animal éphémère, l’anonyme fantomautomate, la reine des zombies, tu t’accroches à c’que tu peux, des murs d’enceintes, des chiens, des casquettes, et ce mec débarque d’une autre planète pour te balancer ses mots d’un autre âge.

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