Journal — Wars ///

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« Cher journal », aujourd’hui, c’est la guerre et je suis en retard pour la faire.
J’ai oublié d’être pleine d’espoir : je n’ai pas d’excuse pour ça. J’ai oublié d’être engagée : je n’ai pas d’excuse pour ça non plus.
Qu’est-ce que j’ai fait pour oublier, pour tourner le dos au drapeau politique ? Rien. J’ai laissé filer le temps, et je me suis rendue, inutile. Faque maintenant je fais des humeurs sans nuance parce que j’ai décidé on n’sait pourquoi que si tu penses ça eh ben j’te dis que je pense le contraire (enfin, plutôt sur le terrain économique — j’irai jamais dire vive le racisme hein) — juste par esprit de contradiction, de provocation ou parce que je me suis toujours dit qu’il fallait considérer tous les points de vue, mais c’est de l’empathie à l’extrême qui ne sert à rien, ça immobilise, et ça ne me donne jamais une opinion avec laquelle je suis en accord — ça en fait de la salive mal dépensée, garanti, et des engueulades qui n’ont pas lieu d’être. J’ai conscience que tout ce qui va suivre ci-dessous n’est pas neuf et que je ne suis pas une grande orfèvre de la réflexion. Tant pis, en vrac, à hue et à dia, j’avais envie de coucher ça sur le papier, si j’puis dire.
La Politique avec un grand P (jeu de pouvoir et régente de nos vies) sous couvert d’organiser la société de façon à ce qu’elle puisse se survivre (bien plus que se suffire) à elle-même, est une bonne révélatrice du machiavélisme permanent qui nourrit l’être humain. La politique pose des barrières aux frontières, des frontières dans nos esprits, elle nous organise en clans, nous réunit, nous divise, nous passionne, nous emprisonne, nous enflamme, nous oppose. La politique construit ces murs qu’il nous faut franchir, escalader, détruire ; elle nous coupe les vivres, annihile nos croyances, assomme nos rêves, les réveille, nous indigne, nous transforme. Elle resplendit dans l’élan et l’union, elle donne à réfléchir, elle déçoit, elle conçoit, elle bafoue, elle oppresse, elle libère. Elle fait tout et son contraire, et sous couvert d’organiser la société de façon à ce qu’elle puisse se survivre à elle-même, elle réussit parfois. Mais à quel prix ?

On n’est pas nihiliste
c’est la rue qui dit tout ça
le prochain sur la liste
c’est toi tu me raconteras

La grande machine politique, celle qui construit l’ordre (supposé) social et économique, écrase quotidiennement, tel un métronome réglé sur la cadence d’un « You shall not pass » à la Gandalf, les fragiles constructions qui lui barrent le passage : la solidarité se monnaye, l’alternatif se fait bâillonner, et sortir des sentiers battus est un parcours du combattant.

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Et puis, vous savez, comment faire pour garder le troupeau docile si des éléments perturbateurs viennent compliquer le travail du berger qui pionce tranquille dans l’herbe pendant que les loups hurlent. Il faut que les chiens rameutent la moutonnade, en rang, en ordre. Et si le troupeau se met à bêler en même temps, le berger ne s’entend plus penser, alors il a peur et il sort son bâton. Il faut de la discipline et des œillères, des armées de robots et des secrets bien gardés : ainsi, l’ordre établi, fils de la politique, s’épanouit aux dépens du bon sens, pratique l’illusion, s’autoproclame, s’empereure. Quelques-uns ont décidé d’avoir toutes les cartes en main : personne n’est invité à leur table pour jouer et pourtant ils trichent quand même.
On leur fait le procès du siècle ? Qui en a cure, ils l’ont déjà acheté, le siècle.
La politique est l’art subtil de se contredire sans cesse, en suivant le sens du vent et la force des vagues, en maquillant les dommages collatéraux en vérités immuables : c’est comme ça, on n’y peut rien.
La politique m’a profondément ancré dans le crâne que la gigantesque fourmilière dans laquelle nous vivons n’est qu’un marché de luttes, le terrain de jeu des hommes au-dessus des hommes, le reflet même de ce que nous sommes : des enfants.
La politique est une guerre.
La politique me fait dire : à quoi bon ?

Naturellement, de celles qui regardent toute la conduite de la vie. Ceux qui sont d’un naturel extrêmement modéré sont disposés à mener une vie toujours paisible ; ils font leurs affaires tout seuls et par eux-mêmes ; ils sont également pacifiques envers tout le monde dans leur propre cité, et à l’égard des cités 255 étrangères ils sont de même prêts à tout pour conserver la paix. En poussant cet amour au-delà des bornes raisonnables, ils deviennent inconsciemment, quand ils peuvent satisfaire leurs goûts, incapables de faire la guerre ; ils inspirent à la jeunesse les mêmes dispositions et sont à la merci du premier agresseur. Aussi en peu d’années eux, leurs enfants et la cité tout entière ont glissé insensiblement de la liberté dans l’esclavage. […] Que dirons-nous de ceux qui inclinent plutôt vers la force ? Ne poussent-ils pas sans cesse leur pays à quelque guerre, par suite de leur passion trop violente pour ce genre de vie, et, à force de lui susciter de puissants ennemis, n’arrivent-ils pas à ruiner totalement leur patrie ou à la rendre esclave et sujette de ses ennemis ? […] Comment donc ne pas avouer dans ces conditions que ces deux genres d’esprits sont toujours à l’égard l’un de l’autre en état de haine violente et d’hostilité profonde ? […] Et maintenant, n’avons-nous pas trouvé ce que nous cherchions en commençant, que certaines parties importantes de la vertu sont naturellement opposées les unes aux autres et produisent les mêmes oppositions dans ceux où elles se rencontrent ?
Le politique, Platon

Pourtant (que la montagne est belle).
Pourtant…

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« Ce qu’il nous faudrait, c’est une bonne guerre ! »
Nombreux sont autour de nous les gens qui lâchent cette petite phrase en soupirant. Mais l’instant d’après, ils retournent vaquer à leur petite vie mesquine et n’y pensent plus. Or, si nous voulons vraiment la guerre il ne suffit pas de l’appeler de nos vœux en levant les yeux aux ciel d’un air impuissant.
Ne rêvons pas : la Troisième guerre mondiale n’aura pas lieu ces jours-ci. Alors, pourquoi n’organiserions-nous pas une guerre FRANÇAISE, dans laquelle les forces en présence seraient toutes françaises ? Et puisque la haine est le moteur de la guerre, apprenons à nous haïr entre nous. Ah ! certes, il est plus facile de haïr les Arabes ou les Anglais dont les mœurs incroyablement primitives ont de quoi révulser.
Mais chaque région de notre pays a ses rites et coutumes qui ne sont pas les mêmes que ceux de la région d’à côté. Ainsi, pour bien nous haïr entre Français, nous devons tenter d’oublier ce qui nous unit, et mettre l’accent sur ce qui nous sépare.

Pierre Desproges — Réquisitoire contre Éric Charden

La guerre arrive, le Diable agrandit son enfer.

Extrait du Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède — Selma Lagerlöf

Extrait du Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède — Selma Lagerlöf

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L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui !

D’abord, fragiliser l’ennemi. Divide ut regnes. Lui donner un visage, l’affubler d’un nom que chacun retiendra. Injure et mensonge : à nos trousses le démon cavale. De l’autre côté du pont, la révolte est en marche. Des masques de plumes contre des armes de plomb. Et puis au milieu, la guerre de positions campées. Les nuits sont debout, l’État dans l’urgence s’assoit dessus. À côté, la marche du monde ne sent rien, car qui peut la faire trembler ? Seul le monde tout entier. Mais, éparses et multiples, les marches s’affaissent, et le juge tout-puissant de l’oseille bénite se la coule douce au-dessus de nos têtes, sirote en riant sa liqueur venimeuse et danse sur les drames qui se jouent sous ses pieds. Le maître des marionnettes actionne la petite mécanique : le spectacle-débandade peut commencer. À l’ombre, les embusqués — votre dévouée l’avoue —, au front les battants. Face à la riflette, la ribouldingue. Cynisme, courage, combat, espoir et utopie, tous réunis dans la gigue bornée des lendemains duels.

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Les « jours-mondes meilleurs » m’apparaissent si improbables que je n’ai pas d’horizon qui se dessine sous mes yeux, car l’ennemi est partout, car l’ennemi est humain et l’humain c’est nous. C’est l’humain qui tient haut le pavé des fauteurs de troubles. Pas Dieu, pas la nature, pas le destin : l’humain. Bien sûr qu’il n’est pas seulement notre ennemi, il est les deux faces d’une même pièce ; il possède assurément l’ombre et la lumière en quantités aléatoires, elles s’encouragent mutuellement à ne pas dépasser les limites, équilibre précaire du combat incessant au cœur de la machinerie interne ; mais là où l’obscurité est la plus forte, chez ceux pour qui l’instinct de survie passe par l’éradication totale de toute empathie alors coupe une tête et il en repousse deux ; et chez les bad guys, il y a un insensé vivier de têtes qui repoussent, une colonie auto-régénératrice de cultivateurs de malheur, une pyramide d’enflures qui ne regardent jamais en bas, tapis bien au chaud dans le cocon fortifié de leur aveuglement volontaire. $€€

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Je ne sais pas à quel moment j’ai cessé d’y croire. J’y croyais avant, j’avais la conviction que c’était possible. J’agissais plus. Je voulais aider (pas seulement avec ma lâcheté bien-pensante de donner de l’argent tous les mois, ce que je fais sans doute pour m’éviter de réfléchir). Que faisons-nous ? Ébranler les géants, dans cet éternel recommencement d’entrechocs, de luttes et de batailles qui jamais ne trouvent d’issue, répéter ces erreurs desquelles jamais personne n’apprend, s’affronter dans des dilemmes moraux et éthiques, décoller ces étiquettes qu’on te colle, tenter de fuir ces manipulations invisibles, celles qui nous bercent sans qu’on s’en aperçoive, quels que soient les camps, les bords, les idées, les partis, les courants. Je ne voulais plus choisir de camp. Mais on est toujours dans un camp, c’est ce que décide le monde pour nous.

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À chacun son opium, le peuple les goûte tous, j’ai choisi le plus commun : la fatalité.

C’est que la loi ne pourra jamais embrasser exactement ce qui est le meilleur et le plus juste pour tout le monde à la fois, pour y conformer ses prescriptions : car les différences qui sont entre les individus et entre les actions et le fait qu’aucune chose humaine, pour ainsi dire, ne reste jamais en repos interdisent à toute science, quelle qu’elle soit, de promulguer en aucune matière une règle simple qui s’applique à tout et à tous les temps. Accordons-nous cela ? […] Et cependant, nous le voyons, c’est à cette uniformité même que tend la loi, comme un homme buté et ignorant, qui ne permet à personne de rien faire contre son ordre, ni même de lui poser une question, lors même qu’il viendrait à quelqu’un une idée nouvelle, préférable à ce qu’il a prescrit lui-même. […] Il est donc impossible que ce qui est toujours simple s’adapte exactement à ce qui ne l’est jamais. […] Alors, pourquoi donc est-il nécessaire de légiférer, si la loi n’est pas ce qu’il y a de plus juste ? Il faut que nous en découvrions la raison.

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Mais. Mais je renonce au renoncement. Ça fait des années que je ferme les yeux par manque d’horizon, mais s’il n’existe pas clairement dans mon esprit, pas encore, l’horizon, je vais le dessiner, ça me fera un point à fixer pour marcher sur c’te ligne, et chacun le sien, et si on a le même alors tant mieux, la route est à tout le monde. Je me fâche avec les autres — et ça me désole d’autant plus que je ne suis pas contre eux mais avec — parce que je suis fâchée contre moi-même ; et oui, c’est vrai, même si ça ne change pas la marche du monde, trouver un champ de bataille m’évitera de marcher hors du monde. J’ai perdu beaucoup de temps à ne rien faire : il y a trois ans, j’imaginais des projets solidaires avec les livres (et plus largement des projets culturels), je recherchais des contacts à tire-larigot pour créer quelque chose, je planifiais, il y avait des prémices, je voulais être « pour » quelque chose, pas toujours « contre » (même si c’est inévitable), avec la culture comme arme de construction massive, et puis j’avais toujours cette idée de lieu dans lequel on aurait agrandi le champ du possible, et j’ai tout arrêté, tout mis dans un carton, je me suis occupée de mes trains, de mes avions, de mes bouquins, de mon travail, noyée dans la soupe égoïste des jours qui passent sans discernement, en blessant ceux qui ont des convictions parce que moi j’ai cru que je n’en avais plus, et j’ai oublié d’être une belle personne (comme le dit cette si grande philosophe que l’on nomme Marion Cotillard). Je me disais que c’était hypocrite d’agir sans y croire. Que c’était incohérent.

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Mais finalement, remise en question par la nécessité urgente de n’être plus passive, quand on dessine les contours d’une démocratie à coups de 49.3, peu m’importent les raisons qui nous animent, ou le degré de rage, la puissance de l’engagement ou les résultats d’icelui, àmendonné, il faut faire quelque chose de su vida dont on puisse se dire, quand le rideau tombe, qu’on a fait ce qu’on a pu. Les petites pierres. J’aime profondément ces valeurs humanistes qu’on disait être de gauche mais je n’ai jamais voulu adhérer à un parti ou même une idéologie car je n’aime pas les bannières, elles me donnent le sentiment d’être encore moins libre (je sais qu’on peut me dire que c’est faux et qu’il faut se rassembler sous un même nom pour exister, mais je n’y peux rien), je me sens désemparée face à la désinformation permanente qui alimente notre quotidien sans même qu’on s’en aperçoive, et mon cynisme est intrinsèquement lié au fait que je suis incapable de comprendre comment on peut, finalement, passer le plus clair de notre vie à lutter les uns contre les autres (et particulièrement, le champ de bataille religieux me laisse ahurie : tuer au nom de son idée du Bien et de ce que doit croire le reste du monde est une des plus grandes contradictions et l’un des plus grands mystères de la nature humaine). Il faudrait pouvoir faire pleuvoir des paradis d’Épicure et qu’enfin l’équilibre dans la balance soit parfait.

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Il y a le problème du « comment ». Si on sait pourquoi, on sait rarement comment.

La lutte devient violente lorsque les territoires apaisés d’expression et d’affirmation d’idées différentes sont inaccessibles.

Dixit ma fine potesse Elo, à propos de la violence dans l’action, qui nous a écrit un fort beau message et qui arriva fort à propos dans le fil de ma réflexion (bordélique mais bien réelle).

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Car c’est bien là l’objet de mon fatalisme en rémission (carrément, ouais, je vais l’appeler comme ça). Je comprends que les espaces de réflexion se raréfient, je comprends qu’il faille lutter pour les retrouver, et que plus on interdit plus on encourt le risque de la violence, simplement dans le grand fracas des affrontements, je présuppose qu’il n’y aura pas d’happy ending surgissant d’un nuage de lacrymo. Je constate (je sais que j’enfonce des portes ouvertes) seulement que l’union est plus forte localement mais que son action est très peu relayée et connue, qu’elle est souvent méprisée ou taxée d’inutile, que les actions nationales sont pour la plupart présentées sous le spectre de la violence et de la répression, qu’il n’y a finalement aucune objectivité, et qu’on fait s’affronter des masses aveugles les unes contre les autres pendant que le réel ennemi se frotte les mains et se dore la pilule au soleil. Que le fossé entre la réalité et la représentation est immense, le grand public ignorant, la majorité silencieuse (j’en fait partie). Et que c’est ça qu’il faut peut-être remettre au centre du débat national et des médias : les actions locales. Plus facile à dire qu’à faire, certes. Sur le grand échiquier politique, comme on dit, se manipulent les uns les autres la masse aveugle du peuple, la minorité lucide du peuple, les gouvernements impuissants et inutiles, et puis, oui, les machines à fric. L’argent achète les consciences et c’est aussi facile que d’aller à confesse après avoir buté quelqu’un : plus c’est gros plus ça passe. L’État, tiraillé entre ses échecs diplomatiques en France comme à l’étranger, larbin des lobbys, et incendié par le peuple, suffoque et nous entraine dans sa noyade.
Je n’ai pas de solution, c’est bien pour ça que je suis aussi fataliste. Réussir à infiltrer les classes politiques et les médias, car c’est le nerf de la guerre, aboutir à faire défiler ensemble des petits patrons, des policiers et des travailleurs, faire prendre conscience, donner à réfléchir, bloquer :

// Loi Travail //

Bon, bloquer les raffineries et les centrales nucléaires, le gouvernement s’en tape.

Prochaine étape, bloquer tous les opérateurs téléphoniques et distributeurs d’internet?? ( Et Anonymous là dedans ? Ils sont où?)

Et si ça ne leur suffit toujours pas, il faut demander au raisin d’arrêter de pousser et à l’orge et au houblon de participer à la grève.

Sans Internet et sans alcool, là tout le monde se sentira concerné.

Dixit un poto qui s’appelle Slip (ça existe, oui).

…mais dans le fond, comment ébranler un système tout entier reposant sur l’injustice ? Qu’a fait l’Europe de son rêve originel pour aboutir à ces luttes permanentes ? Et quel système pérenne en remplacement ? Car c’est bien ça qui m’inquiète, c’est de cela dont je parle quand j’évoque la conséquence de nos actes : au-delà d’une lutte contre une loi travail, quel système pouvons-nous mettre en place et qui soit réellement juste, au regard des tentatives de l’Histoire ? Comment brisons-nous de manière radicale un système que l’on estime injuste quand d’autres l’estiment juste ou s’en contentent ? C’est toujours l’humain qui est au centre du bordel, et j’ai vraiment très peu confiance en lui. Je me dis À quoi bon puisque tout va recommencer de nouveau / mais finalement, parfois, dans l’espace de ces luttes on grappille un morceau de terrain pour toujours et c’est ce qui compte. La guerre est éternelle, les batailles infinies. Je suis partie battue d’avance et je le regrette. Je me suis toujours dit que je n’aurai jamais de retraite ; je n’ai pas le droit au chômage ; je n’ai jamais voulu de patron ; je n’ai aucune confiance en l’avenir ni en l’État, et je n’en ai jamais eu.

But maybe

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Sur le chemin, il y a ceux qui savent ouvrir les yeux à ceux qui ne savent que les fermer par manque d’imprudence, pour tous ceux-là, merci. Il n’y en a pas un sur cent mais pourtant ils existent comme le chantait Léo (ici les anarchistes mais globalement je parle des engagés).

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Pendant ce temps-là, nos quatre compagnons Baroud, Grive, Foigne & Casse-pipe s’en vont à la valse des pruneaux tout en haut de la butte aux cailles.


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La guerre ? Celle-là fut rondement menée. Et donne envie de la /re/faire.

« La crise » est un forfait illimité.

Joachim Séné, La crise

Mais je dirais plutôt que La crise a un forfait illimité.

On écoute la radio le matin, pour se tenir au courant des nouvelles du monde, et il y a ces mots qui reviennent, provoquent toujours les mêmes craintes, les mêmes énervements, les mêmes abattements. Ce sont de pauvres mots toujours utilisés à l’identique, à en devenir des clichés, notre imaginaire commun, refrains qui valsent, que les discours ambiants reprennent et ne mettent jamais en doute, car ce serait se mettre en doute eux-même. La machine fabrique seule sa propre matière énergétique.

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« La crise » est un mot froid et violent. Un mot qui justifie sa propre violence, se justifie, obstinément, s’autorise à devenir un fond sonore jamais contredit. Un mot sonneur de glas de toutes les explications possibles. Un mot volé aux autres mots, aplati, indifférent, utile.
Joachim Séné prend ce mot, le reprend, le déplace, le désinfecte de sa dose d’indifférence, de son pouvoir de rouleau compresseur lancé sur nous comme une évidence. Joachim Séné est le grain de sable dans les rouages : avec lui, « la crise » apparaît « toute nue », démasquée et retournée. C’est un mot qui résiste, reprend des forces, lutte, se moque, questionne. Ce mot, extirpé de la masse des mots laminoirs, récupère son sens individuel, poétique, ironique, décalé, actif.
On lit La Crise , et ensuite, on allume la radio le matin, on écoute les nouvelles du monde. Sauf que, maintenant, « la crise » avance à découvert.

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Bienvenue dans l’ère du soupçon. « Surveillances », malheureusement trop d’actualité, vient de paraître. « Surveillances » permet d’inverser les rôles pour mettre la figure de la caméra ou de l’espion au cœur de nos attentions. Habituellement sur nos traces, voire à nos trousses, la voici désormais observée à son tour.
Présentation, lecture, extraits, achat > http://www.publie.net/nouveaute-surveillances/

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Mais ailleurs, on peut paisibler, parfois. Fin des hostilités pour le moment. Allons ailleurs. Prague, atmosphère étrange, charme suranné, bâtiments magnifiques, architecture majestueuse, pédalos sur le fleuve, vieux tramways rouges et blancs qui grincent dans un ballet étourdissant. Et des touristes par pelletées, et des amoureux par milliers, et cet étrange chaos du bruit de la foule qui se heurte à la tranquillité monumentale du décor qu’elle habite.

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Allons à la piscine, par exemple.

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Tombée in love de Talul.

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Hey, au fait, quelques images de cet article ont été piochées ici. Je vous conseille le bordel du vendredi.

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Et surtout n’oubliez pas :

fuck cowboy

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