Millimètres

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C’est une voix en lutte contre la pensée qui décortique, la pensée qui règle et organise le monde, la ville, notre présent. Mais on ne mène pas cette lutte à distance : on va tout auprès,tout contre de ce qui plie, craque, grince, tranche. On bat la mesure.
Et on oppose le corps. La langue de François Bonneau est charnelle, composée d’odeurs, de peaux, de membres et de chiens, de frottements. Tout se passe bien sûr dans le micro, dans le menu. Henri Michaux est allé déjà dans ces zones, avec ses Meidosems : en agrandissant notre regard, on découvre des mondes inédits à figurer. Ainsi les Millimètres : on ne sait exactement ce que c’est, mais cela passe entre les corps, entre les temps, comme des déplis microscopiques.
Le tissage même du texte est millimétré. Chaque fragment porte un numéro (1.1, ou 5.3, par exemple) dont les nombres (avant et après le point) correspondent à deux paramètres qui se combinent et forment une sorte de table chiffrée où les fragments se disposent. On peut lire le texte horizontalement (c’est-à-dire linéairement) ou bien verticalement (en suivant les liens internes associés aux nombres). On peut aussi créer notre propre parcours éclaté en suivant les associations de mots-liens.
Mais les Millimètres, ce n’est pas seulement de l’écrit : c’est aussi de la création sonore et vocale. Des expérimentations originales, fortes, dévoyantes, où on sent le sérieux d’une recherche et d’une implication littéraires.