Vango

Quelle plume !

Entre ciel et terre, un prince sans royaume : Vango mystérieux, Vango libre, Vango traqué, Vango au cœur de l’Histoire, Vango magnifique, sauvage, intrépide, perdu. Dans ce monde de l’entre-deux-guerres, on cavale derrière ce p’tit gars à la recherche de son identité, on compose avec lui le puzzle complexe de son passé.

Timothée de Fombelle est l’un des écrivains les plus poétiques de notre temps, un conteur incroyable, drôle, sombre, père d’histoires fascinantes (personne ne peut nier la magie de Tobie Lolness). Ses mots c’est du cinéma devant nos yeux, des images si colorées, si riches, teintées de ce petit filtre surréaliste qui s’ancre si bien dans la vie ; c’est de la résistance, de la course-poursuite, de l’enquête, de l’amour, des chassés-croisés, des retours en arrière, des brouillards qui s’épaississent mais des lumières qui apparaissent ; c’est l’exil, l’odeur des nourritures de l’enfance, c’est parler mille langues, vivre sur une île, embarquer à bord d’un zeppelin, jouer au chat et à la souris, courir sur les toits de Paris, c’est frémir, souffrir, perdre, c’est chercher puis comprendre. Ça touche, ça remue, c’est vivant.

Vango est un chef-d’œuvre, un bijou d’aventure ; et si on perd le fil dans le tourbillon, ça n’est pas grave, comme notre héros, on retombe toujours sur nos pattes. C’est ici aussi que s’efface largement pour moi la frontière (s’il en est une vraiment franche) entre littérature jeunesse et littérature « pour adultes ».

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Vango
écrit par Timothée de Fombelle
édité par Gallimard Jeunesse

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