Journal — Carrefours ///

Vango marche sur les toits de Paris. Il connaît par cœur le chemin aérien entre les carmes et le jardin du Luxembourg. Il peut le parcourir presque sans toucher terre. Il sait que la police est postée devant le séminaire, et n’attend que lui.
Vango traverse des étendues de zinc, glisse sur l’ardoise, bondit entre les cheminées. Il connaît les câbles tendus pour franchir les rues. Il ne dérange même pas les pigeons amoureux d’avril qui roucoulent dans les gouttières. Il survole les habitants des soupentes, les étudiants, les bonnes, les artistes. Il ne réveille pas les chats, n’effleure même pas le linge des terrasses. Parfois, à une fenêtre ouverte, une femme emmitouflée dans une couverture respire l’air de la nuit du printemps.
Sautant de toit en toit, il passe juste au-dessus, sans un bruit.

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Vango poussa sur la pente de ce volcan éteint.
Il y trouva ce dont il avait besoin.
Il grandit avec trois nourrices : la liberté, la solitude et Mademoiselle. À elles trois, elles firent son éducation. Il reçut d’elles tout ce qu’il croyait possible d’apprendre.
À cinq ans, il comprenait cinq langues mais ne parlait à personne. À sept ans, il grimpait les falaises sans avoir besoin des pieds. À neuf ans, il nourrissait les faucons qui plongeaient sur lui pour manger dans sa main. Il dormait torse nu sur les rochers avec un lézard sur le cœur. Il appelait les hirondelles en sifflant. Il lisait des romans français que sa nourrice achetait à Lipari. Il montait en haut du volcan pour se mouiller les cheveux dans les nuages. Il chantait des berceuses russes aux scarabées. Il regardait Mademoiselle couper les légumes avec des facettes impeccables, comme on taille les diamants. Puis il dévorait sa cuisine de fée.
Pendant sept ans, Vango crut qu’il n’aurait besoin de rien d’autre que de la douceur de Mademoiselle, que du monde sauvage de l’île, que du soleil et de l’ombre de son volcan.
Mais ce qui arriva autour de ses dix ans transforma sa vie pour toujours. À cause de cette découverte, son morceau d’île lui parut tout à coup minuscule. Ce fut en lui comme un incendie sous la mer.
Le monde changea de couleur à ses yeux.
En remettant les pieds sur son petit paradis, il ne pourrait plus jamais s’empêcher de regarder, au-delà des falaises et du dernier rocher, l’horizon et le ciel.

Vango — Timothée de Fombelle

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Image de couverture de Yokaï pendant mon marathon bookcover pour Neil Jomunsi

Combien de royaumes nous ignorent ?

Pascal, Pensées — croisée chez Vango, croisée chez Alexandre Astier pendant L’Exoconférence qu’était pas si top, un peu surjoué moins fin moins subtil que je ne l’imaginais mais fous rires tout d’même.

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Photo de Thomas Deschamps, hyper méga retouchée — une chute du projet de Fred Griot et #parl, l’album On Trace avec qui j’ai travaillé pour le site et la pochette

Ça commence comme ça.
Sous un chapiteau.
En vérité, je ne savais pas vraiment quel fil tirer, quelle cadence donner, comment peindre le tableau, quelles couleurs lui donner. Je savais qu’il y aurait du spectacle, de la magie, de la poudre aux yeux. Je savais que ça allait remuer, bouillonner, rire, s’agiter, et m’faire vibrer, m’faire crapahuter, et cogiter. Je savais que j’allais me perdre dans un tourbillon tsunamique, et cavaler de petits matins en brouillards hangoverisés. Mais par quoi commencer ? Ça ne sera pas un billet très bien écrit, le temps presse, j’oublie déjà l’été, il faut caler dans l’urgence les souvenirs du retour.
Du brouhaha en fusion sous des nuits décousues, quelques grandes virées enfiévrées solitaires pour rencontrer le monde, mais pour le refaire (le monde)(faut suivre) on reste surtout à la maison, la sienne, fauteuils, comptoir de bar et table basse, quand on s’radine sur un Kestuf ? / on parle et on chante tard, enfin tôt, enfin tu vois. Il fait jamais nuit, il fait jamais jour, route retour en pointillés passages piétons mines crevées check check dans les rues t’as du feu / oui / tu cherches pas du shit / non / hé mais qu’est-ce que j’vois là salut mad’moiselle / tu vois rien mon gars va t’coucher / hé ho tu m’fais un fuck j’aime ça t’as du caractère / ta gueule.
Je retrouve mon meilleur copain, mon pirate, mon pote quoi, on va au stade, je baigne dans le rugby, je m’y noie avec joie et y’a sa belle, qu’est la mienne aussi parce que je la biche tout pareil, et j’me dis que tout est bien à sa place, nickel, parfait, la familia. D’atterrir dans leur monde, c’est me confronter au mien. C’est comme de revenir d’un long voyage, même si j’étais pas bien loin.

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Je dors pas beaucoup, je cavale sur les rotules, Toulouse dans la poche, je refoule les mêmes rues, j’me ruine comme toujours dans les librairies, je vaque je vogue et divague, certains visages ont changé, et les façades aussi, à coups de bistouri, dans certains coins. Pas tous, ma nostalgie est intacte, va, t’inquiète. J’explore à moitié, mais j’t’ai pas raconté, ah oui ça y est, allez vas-y, back to la rue de Bayard, la même rue, j’y habitais y’a huit ans et m’y revoilà, j’y suis j’y reste, (comme ils disent La Ruda dans mon album de jeunesse Passager du réel que j’connais par cœur).
C’est une madame un peu âgée, avec la moelle et le caractère, un personnage, forcément, qui régit l’endroit. Elle s’affaire, de 15h30 à 18h dans son grand paradis fou, dans son bureau rempli de paperasses (ah oui vous voyez j’suis de la vieille école j’ai pas d’ordinateur tout à la main !), elle accueille tout le monde, ça quémande, ça raconte sa vie, elle est la mémoire du lieu, et la grande prêtresse itou. Y’a des longs couloirs qui labyrinthent dans cet ancien hôtel (Le Regina), des dizaines de piaules, quatre étages (le dernier fait tout le tour de la bâtisse, il est dix fois plus glauque, on ne s’y aventure que par goût de l’obscurité, ou si on a un ticket pour la perdition), des gens bizarres, beaucoup, très, inside le quartier glamour de la gare, d’la vie non-stop et des gens qui attendent. Because dans les quartiers populos, les gens attendent. Au coin des rues, à la table des cafés, et à celle des kebabs, ils matent, ils matent et ils dépassent le temps à coups d’canons frais et d’mauvaises cibiches. Blacks blancs beurs jeunes zé vieux.

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Pause. Je sais plus si je te l’ai mis dans un autre billet et comme j’ai la flemme de chercher, je le remets ici. Écoute ça.

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J’ai découvert un endroit surréaliste, puisqu’il s’appelle Le dAdA (damned non c’est un endroit dadaïste et pas surréaliste, les puristes auront ma peau) et que dedans il y a à la fois : des animaux empaillés au mur, des tapisseries comme chez ton arrière-grand-mère, des vieux fauteuils, des portraits des années 1900, des bibelots, des trouvailles de brocante, et du très bon vin. Une sorte de ribambelle de pièces, c’est très boudoir c’est très Marie-Antoinette (qu’on lui coupe la tête !) Marquis de Sade (qu’on lui coupe la qué… mais what, je m’égare), c’est absolument beau et c’est très bien comme nouveau QG pour lire Miss Peregrine et les enfants particuliers ou encore Vango de Timothée de Fombelle, un pur bijou de littérature.

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Sont beaux ces bouquins, hein !

C’est dans cet antre que des magiciens ont posé leurs pénates et c’est là qu’ils te vrillent l’esprit à coups de cartes et de pièces qui disparaissent, réapparaissent, re-disparaissent, et même quand tu sais que tu vas être impressionnée, et même quand tu cherches, et même quand tu guettes, ça te surprend toujours, tu t’y attends jamais, prestidigitateurs fantastiques, pourfendeurs du réel, explorateurs de l’écran de fumée, inventeurs des territoires de l’impossible (j’y reviens toujours). Il m’a toujours fascinée cet univers, il y a des années quand je numérisais des bouquins de Robert Houdin, et de plus en plus, forcément. J’ai pas du tout envie de savoir comment ils font pour nous illusionner, je biche l’inexplicable, on rêve moins quand on connaît les ficelles.

En vrac et sans logique >

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Pause. Dans mes archives de bookcover pour Neil Jomunsi, j’ai retrouvé ça. Y’a des trucs bizarres.

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J’suis dans le rush complet pour publie.net et La Marelle. Topo rapide en images.

Deux nouveautés à venir le 28 octobre et le 4 novembre (parmi plein d’autres, mais je ne peux pas tout mettre ici).

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Tu peux même déjà downloader le super communiqué que j’ai fait, wouwou.

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Passage en papier de trois ArchéoSF (réédition de Paris Futurs dans notre format classique) pour le Salon de l’imaginaire de Sèvres le 28 novembre.

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Le site est toujours .

Y’a aussi ça :

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Panoz fait des trucs encore un peu dingues pour La Marelle, et moi ben je dérive sur mon projet avec Anne Savelli, et j’en suis arrivée là alors que ça n’a rien à voir. Bravo. Exploration intercosmique cheloutesque avec le logiciel Structure Synth.

J’ai aussi fait ça, pour la nouvelle collection La Machine ronde, dirigée par Mahigan Lepage. Check donc là.

Vite fait cette petite vidéo pour La Saga de Mô mais là attention c’est pas ma job donc j’suis quand même hyper nulle là-dedans, je pense qu’on est tous d’accord. Déjà pour la quatrième j’avais un peu lutté, parce que le bouquin est pas facile à résumer, comme en témoigne cette chronique de Thomas Galley.

L’Histoire ne mourant jamais, de l’étang de Thau à l’Enfer de Dante, arrivée brutale de l’oncle Henri, le dernier des pourris, la pire des raclures. À ses côtés, Mô, dilué dans le désespoir comme on se perd dans un brouillard façon Zyklon B, s’aventure à l’aveugle dans les neuf cercles fantasmagoriques peuplés de damnés nazis et de diables cornus. Comment ne pas le suivre dans cet Enfer tatoué de croix gammées quand on sait qu’il va faire la lumière sur la part d’ombre qui l’agite depuis son enfance ? Lancé dans ce cauchemar comme un chien dans un jeu de quilles, dans l’obscurité et la douleur, Mô découvre qu’il n’y a pas de limites à l’horreur.

Le site est toujours là.

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Archives toujours. On s’en rappelle.

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Je, d’un accident ou d’amour | Loïc Demey

Tu te rappelles ?
Disparition.
Au creux de ses mains, c’est un fantôme qui surgit.
Carte, carte, carte, passe et choisis. Ne ferme pas les yeux. Coupe.
Tu te rappelles ?
Il frémit.
Oui, bien sûr.
Choisis.
Celle-là.
Souffle tac tac sourire les yeux et rien qui passe dans ses mains, imperturbable, homme de ferraille homme de marbre souffle tac tac jongle avec ses doigts rien n’y fait, je suis aveugle.
Jamais.
Ce n’est pas la vitesse qui maintient le jeu. C’est la poudre aux yeux.
Poudre.
Souffle, tac tac, une ligne, une autre, la sienne, la mienne. Les lignes qui ne se croisent jamais.
Tu te rappelles quoi, exactement ?
Dame de cœur. Une rose sur mon corsage apparaît.
Comment fais-tu ça ?
Quoi ?
Les roses poussent pas sur les cartes.
Ferme les yeux.
J’ai pas choisi de carte.
C’est pas pour le jeu.
Pour quoi alors ?
Tu verras.

Je me rappelle d’un jardin immense, luxuriant, fantastique, au milieu d’un désert. Je me rappelle les fleurs et les oiseaux, la pierre blanche d’un cloître, le frémissement du vent dans les arbres, le bruit de l’eau dans la fontaine.
Je me rappelle de notre frère qui court après les lézards, de son foulard blanc sur sa peau brune.
Je me rappelle de la paix de ce jour-là, assommé par la chaleur, sauvé par l’ombre, dans le silence naturel de l’oasis.
Je me rappelle des coups de feu et des cris.
Je me rappelle du foulard soudain rouge qui est tombé au pied de l’arbre dans lequel j’avais grimpé.
Je me rappelle que j’étais en vie dans mon refuge et qu’en bas les morts s’allongeaient.

Roi de pique.

Souffle personnel de Vango, de Timothée de Fombelle, qu’est tellement magnifique que j’en perds mes mots. Ce gars-là a trouvé l’exacte recette, la parfaite, celle de l’écriture poétique, celle de te coller les images dans la tête avec une force incomparable, celle même qui me fait dire : Mon dieu, ça devrait être un film faque j’espère que ça n’en sera jamais un, personne n’est à la hauteur. L’histoire en elle-même est belle MAIS en plus, la langue est belle. Les premières pages, la première scène, damned, j’avais pas autant vibré depuis Les aventures de Boro . Quand j’en étais arrivée aux dernières pages, il y avait Edith qui chantait que Dieu réunit ceux qui s’aiment, et la chanson s’est terminée pile quand j’ai refermé le bouquin, il y a eu ces quelques secondes de flottement, ces secondes parfaites où tout s’accorde, le temps, la musique, et l’histoire dans mon esprit, et les images devant mes yeux. Quelques secondes où j’étais la spectatrice essoufflée de l’histoire de Vango, prince sans royaume, à l’époque des zeppelins, de la guerre et des histoires d’amour impossibles. C’est très cinématographique, on cavale dans le monde entier, les protagonistes se croisent et se loupent et se recroisent et se retrouvent et se perdent et fuient et survivent et luttent, ce sont les années 30, et puis c’est le nazisme, et l’épopée fabuleuse de la résistance et des quêtes personnelles, quand on s’accroche à cette question : mais qui est Vango, ce mystérieux jeune homme qui parle toutes les langues, même celle des hirondelles ? On a l’odeur de la mer, et le goût du romarin sur nos palais, on fait le tour du monde et on se cache au cœur des îles perdues. On est happé, et c’est un tourbillon, et c’est une course, une aventure, un souffle effréné vers le dénouement.

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Alors, ça ne tombe pas mieux, d’apprendre qu’on pourra bientôt regarder « Avril et le monde truqué », dessiné par Tardi…

Croisements, carrefours timides et silencieux, du flirt en points de croix qui vacillent doucement chez des inconnus. Croisements, carrefours de l’amitié, avec de nouveaux arrivants dans mon cirque personnel. Croisements normands, croisements marrants. Croisements, carrefours, les regards qui se frôlent, les histoires en pointillés, les connexions de l’humour, les battements de nos cœurs quand on sait qu’il s’passe quelque chose.

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En définitive, ça commence comme ça.
Sous un chapiteau, dans un cabaret perdu, assise à une petite table au bord de la piste, à regarder sa troupe de copains dans leurs habits d’êtres humains magiques, corps élastiques marrantes mimiques, et les voir s’élancer, grimper, rouler, tomber, et me manger en pleine face leur pain quotidien pétri d’émotions, au feu les paillettes, être fière comme une mère et sourire comme une p’tite fille.
Ça commence comme ça, sous un chapiteau, après la dernière, la leur, dans le sommeil des autres, avec son meilleur copain à la guitare, pis seulement qu’nous deux sur la piste ronde où s’allongent encore les cadavres des roses qu’on lui lança lorsqu’il était toréador quelques heures plus tôt. Par terre, c’est de l’herbe, c’est l’extérieur qui s’invite à l’intérieur, et des tables vides tout autour, on est en représentation pour l’invisible, spectacle pour fantômes, oui finalement ça commence ici, ça commence avec lui, à rouler des clopes à la chaîne parce qu’on n’a plus de briquet et qu’il faut sauver le feu, à picoler du blanc, à chanter Brel tellement souvent qu’on l’a usé le bougre et qu’en on en oublie ses mots et que si c’est pas sûr c’est quand même peut-être.

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Caravanités circassiennes

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Après la ultima ola, sous le feu des projecteurs

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Le metteur en scène après la dernière

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Un meilleur copain

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Une méga-star danoise face aux télés japonaises, of course !

Ça commence comme ça, comme un retour de la dernière chance, dans mes p’tits matins désormais bien plus froids que ceux qui m’regardaient passer sur le pavé en Italie, c’te Genova qui me manque fou. J’avais pas mes troubadours alors t’étais un peu vide, Genova, mais j’avais tes ruelles et ta vie, ton bar clandé jazz chez Massimo, et ta mozza et ton caffè. J’avais la mer et le train-serpent au bord de l’eau, les dimanches vadrouille sur un coup de tête, j’avais tes cazzo! ragazza ciao et tes va be, j’avais ta paix bruyante, mais oui, tout était simple, tout était doux, t’étais le théâtre de mon histoire d’amour impossible et je t’ai noyée sous mes larmes, t’avais un goût d’ailleurs pas si loin et dame que je t’aurais sillonnée de via en piazza ! Tes rues sont le paradis de mes déluges et d’mes tourmentes, mais j’ai fait la paix avec moi-même alors j’te garde juste dans un coin de mon cœur pour me souvenir d’avancer.

Ça commence comme ça, retrouver ses copains au pays des racines et regarder quand même les avions voler au-dessus de son chapeau en se disant que le prochain, coco, il est pour moi.

Allez, pour partir, tu veux écouter The Fugees en freestyle magique sur Nova ? Oui, tu veux, car c’est dingue, 1996 style, frissons.

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Morceaux silencieux de vida.

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