Fragments / Anarchie au pays des merveilles

{Salut poupée.}

Le mec il commence comme ça. Salut poupée. T’as du son qui fait rebondir tes tripes en ballet de montagnes russes, t’as de la poudre jusqu’aux yeux et des buvards qui fondent sur ta langue, t’es dans la brumusicale, au cœur du tourbillon, dans l’œil du cyclone, t’en finis plus d’te perdre à la sauvage dans le boum-boum électronique déphasé en dents de scie triphasé tac tac emphase désespérée cri sans lendemain t’es là pis t’es bien, t’es  l’animal éphémère, l’anonyme fantomautomate, la reine des zombies, tu t’accroches à c’que tu peux, des murs d’enceintes, des chiens, des casquettes, et ce mec débarque d’une autre planète pour te balancer ses mots d’un autre âge.

Salut poupée. Ça t’fait marrer. Au-delà de tes dents serrées, des lumières brutales et des basses assommantes, y’a quelque chose en toi qui se réveille. Le hors-norme dérange, toi il t’arrange. Tes matins de rave sauvage attaquent en clair-obscur le pays des responsabilités, d’la routine et d’la galère / ça t’lave du souci, ça te ressuscite et ça te libère. Tragiques et pitoyables, les cadavres de guerres hallucinées s’achèvent à l’épuisement, vibrance errance camtar et transe, t’es au milieu et t’es pas encore décidée à t’arrêter.  Pow wow wow indiens aliens pirates et cowboys, c’est le marathon du bizarre, l’épouvante pour la gloire, la course au sommet / comme un seul homme les silhouettes cavalent en cadence / tu fermes les yeux plus rien n’existe. T’es personne au pays des merveilles, quand le monde réel s’ensommeille et que tu t’abandonnes aux mâchoires d’acier des vibrations répétées. Dissolue dans la nuit trouble, tu t’effaces fascinée face aux faces décimées en toi tout bouge et s’écroule tu tombes et roules tu souffles respires et repars au combat /

Alice, poupée, ici tu t’appelles Anarchie, t’es personne tu frissonnes / tes redescentes s’accumulent et t’écrasent / t’es seule. Alors le mec il commence comme ça. {Salut poupée, je cherche le cri du hérisson.} Tu comprends rien soudain ça t’épuise, tu cherches et trouves, l’endroit pour pioncer et doucement t’allonger au pays du non-rêve / pas de sourire sur tes lèvres mais t’as les poings serrés faque tu murmures pour toi seulement qu’Anarchie vaincra.