Après quelques mois de bonne grosse galère qui m’ont fait devenir dingue mais qui me font d’autant plus apprécier ma situation actuelle, voici un nouveau départ. J’ai pas baissé les bras et ça a payé. Heureusement que je n’étais pas toute seule, que j’avais les parents et les copains pour m’aider et me soutenir parce que j’étais souvent pas loin de jeter l’éponge et de retourner dans ma campagne pour déprimer tout mon saoul (donc, MERCI infiniment).
Donc nouveau départ. En trombe, le départ, j’aime mieux vous dire. D’abord, suis très fière de rejoindre la team Publie.net qui a bien besoin de petites mains pour faire ses petits (grands !) epubs et pour qui j’ai envie de m’investir à fond les ballons. Comme le dit François Bon, maintenant “ça passe ou ça casse” et on va tout faire pour que ça passe. Et ça va passer les cocos, ça va passer. L’édition numérique n’est pas le domaine le plus lucratif au monde (n’est pas Amazon/Apple et consorts qui veut) et outre le fait de devoir amener le livre numérique dans le champ des possibles littéraires et technologiques d’aujourd’hui, il faut aussi compter avec le facteur financier qui empêche d’avancer aussi vite qu’on ne le voudrait. Gros challenge aujourd’hui pour les éditeurs numériques pure-players de ne pas faire couler le navire quand il n’y a qu’une poignée de matelots pour tenir le cap face à l’immensité (face à l’adversité devrais-je dire)(c’était une super métaphore mais ça part un peu en vrille). Donc, pour l’instant, je fais de la préparation (lecture, correction, mise en page et tutti quanti) d’epub, ça me botte vraiment. L’édition numérique est un gros challenge, un défi formidable, et ça me passionne de faire partie de cette révolution du livre. D’aucuns — et non des moindres puisque ce sont souvent des amis libraires — me disent que je suis du côté dark et que je tue le livre et blablabla et blablabla. Moi, je ne tue personne, je suis pas une killeuse. J’ai des convictions, des principes, des passions, des désirs, des envies, et parfois même un peu de compétences : et tout ce fatras me permet de clamer haut et fort que le livre papier et le livre numérique ne sont pas des frères ennemis. Comme dans toutes les révolutions, il y a les extrémistes, les radicaux : beaucoup de pro-numériques ont un discours si peu nuancé que je ne les rejoins pas sur énormément de points. Je ne prône pas la disparition d’un support pour l’avènement d’un autre : la tolérance, comme dans la vie, ça marche ; voyons juste ce que ça donne et soyons patients.
Derrière la montagne du livre papier, on aperçoit l’horizon du livre numérique. On en perçoit les contours, on en devine les formes. Qu’est-ce que ce livre numérique sera dans dix ans, je n’en peux plus d’attendre de le savoir (mais patience). Quels seront les outils, les supports, les e-readers, les tablettes, les nouveaux prototypes géniaux tout droits sortis d’un film de science-fiction ? Je trépigne, je trépigne. Mais il n’y aura innovation que si nous réussissons à passer correctement ce cap de l’édition numérique : le marché est là, les utilisateurs affluent, les lecteurs… continuent de lire. L’édition numérique est en marche, fait son petit bonhomme de chemin et surtout (en ce qui concerne les éditeurs pure-players) porte haut le drapeau de la lecture. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ? Si le but est de lire, lisons. L’état actuel des choses me fait penser qu’il va y avoir dans les prochaines années de nombreuses frictions, que les entrevues à la Frédéric Beigbeder/François Bon vont se multiplier et qu’il y aura encore de nombreux débats, d’éternels questionnements, de sempiternels doutes. Tant mieux. Ca veut dire que tout ça vit. Que ça bat quelque part. J’espère que ça va pulluler de Walrus, de Numériklivres, de Publie.net, d’Emue, de La Souris qui raconte, et de tous les autres. J’espère que les gens comprendront qu’il y a de la place pour tout le monde et qu’il est peut-être temps de changer la donne, de foutre un coup de pompe dans la fourmilière, de ré-ajuster la chaine du livre au XXIe siècle. Mon discours ne m’empêche pas d’entasser des livres papier contre les murs de mon appartement. Mon discours ne m’empêche pas d’aimer farfouiller un peu de code pour créer de l’epub. Personne n’est obligé de se cantonner à une seule chose. D’ailleurs…
D’ailleurs deuxième nouveau départ : community management pour la plateforme WeLoveWords. Il s’agit d’une plateforme de crowdsourcing qui met en relation des auteurs (écrivains, scénaristes, conteurs, poètes, slameurs etc.) afin qu’ils soient publiés ou que des partenariats se mettent en place. Récemment, Pierre Noirclerc a eu la chance d’avoir pu être édité chez Flammarion grâce à une opération estampillée WLW. Inconnu au bataillon et déjà chez Flammarion, c’est une belle histoire… qu’il faudrait essayer de faire tourner, de rendre visible, de disséminer et de multiplier, que cela ne soit pas qu’un exemple mais bien une réalité. Avec l’arrivée du livre numérique, je pense qu’il est absolument nécessaire d’investir de nouvelles manières d’être édité, de construire un texte, de le partager, de le diffuser, de le défendre. Alors, me direz-vous, il s’agit ici pourtant d’un livre papier. Oui. L’ebook existe, à 14,99 euros et bardé de DRM… On est chez Flammarion hein. Mais je pense que ce sera l’une de mes priorités de promouvoir le livre numérique (première étape vers le livre web) auprès des auteurs de la plateforme. D’autre part, le crowdsourcing rejoint totalement la vision d’une lecture sociale où le mot “partage” prend tout son sens. La dimension sociale de la lecture est encore si peu inexploitée (elle commence à l’être bien sur) qu’il y a tout à gagner à se connecter les uns aux autres pour espérer plus de visibilité dans un monde où il est si difficile de se démarquer. Ce que j’aime également dans ce nouveau défi c’est qu’il s’agit d’une plateforme qui n’est pas seulement et purement “littéraire” mais qui est aussi dirigée vers d’autres types de créateurs (des chanteurs et des scénaristes par exemple). Il y a donc tout un monde inconnu qui s’offre à moi et que je vais devoir explorer. Je ne démarrerai ce job de manière concrète que dans deux semaines (parce que pour l’instant je vends encore des gaufres tous les après-midis…) Suis pressée de voir ce que peut donner cette nouvelle aventure. On verra comment tout ça se déroule à l’avenir car le temps n’est pas aussi étirable que ça.
Enfin, pour finir, il faut que je remercie l’un de mes plus grands amis : Twitter* (et ben oui, Twitter…) Grâce à lui, j’ai été contactée par François Bon de Publie.net et Gregory Nicolaidis de WeLoveWords. C’est ça, le recrutement 2.0 … Des entretiens par Skype et pas de chichis. On se tutoie et on y va cash. Peut-être parce que tout va très vite et qu’on a pas le temps de tergiverser. Bien sur, tout ceci est le reflet de la communication online qui caractérise le web 2.0 (et ma vie aussi). Est-ce mieux ou pire, je ne sais pas. Cela n’enlève rien au fait qu’on se rencontre in real life car on ne peut pas tout décider derrière un écran. Et j’ai besoin du contact humain. C’est même la seule chose que je déplore dans le home-working (qui par contre me laisse une totale liberté : si l’envie me prend de bosser à Tataouine-les-Bains, je suis free, je fonce) : je ne vois pas grand-monde. Pas grand monde de “professionnel”.
Enfin voilà. Nouveau départ. Nouvelle vie sans doute, toujours à Bruxelles pour le moment mais déjà des envies d’ailleurs. Un soulagement également : j’avance. Ma plus grande hantise est de stagner, de ne pas m’améliorer, d’évoluer trop lentement. J’ai 23 piges et toute la vie devant moi certes, mais la vie il faut la construire le plus tôt possible car je me rends compte qu’on laisse passer trop de choses à force de passivité. J’ai des idées plein la tête et pas assez de temps pour tout. Pour mettre en place un projet avec Pauline par exemple, pour finir d’écrire un texte pour Walrus (…), pour lire tout ce que je voudrais lire et chroniquer tout ce que je lis… Bref : 24h dans une journée c’est bien trop peu mais il va falloir que j’apprenne à composer avec. Suis désolée d’avance pour tout le temps que je n’arrive pas à consacrer à tout ça (opérations, chroniques, textes etc.) mais là il va me falloir jongler entre deux jobs, passionnants mais chronophages. Je n’ai pas encore appris à être surhumaine comme certains autres (que j’admire car ils font 1000 choses en même temps et ils les font bien… ça viendra, ça viendra…) donc je vais procéder par étapes et priorités… et si ça ne fonctionne pas comme ça, je reverrai la formule… j’expérimente en somme… ce qui est sur néanmoins, c’est que the digital publishing is my priority number one.
A fond les ballons, la tête dans l’guidon, les pieds dans les sacoches… haut les coeurs c’est moi que v’là.
* D’ailleurs, c’est grâce à mes followers qui m’ont relayée sans relâche dans ma recherche de taf. La magie des réseaux sociaux c’est qu’on est quand même jamais tout seul… Thanks a lot guys.

576 days ago ·
T’es pas surhumaine ? Quand je te lis, j’ai le tournis, tu tchaches tellement que j’ai l’impression que t’en fais dix mille fois plus que moi et que t’es sous cocaïne à longueur de temps (sans vouloir t’offenser
) et pourtant, je me trouve souvent hyperactive !
)
D’un coup, j’ai l’impression que je fous rien par ta faute (ça spa gentil
Mais ça doit être la faute à ton chapal magique qui te donne des supers pouvoirs ! (tu me le prêtes ?)
A 23 ans, j’arrêtais les études et j’avais mon premier gamin… et j’ai attendu 5 piges de plus pour enfin trouver enfin un métier qui me plaisait ! Alors t’inquiètes, t’as la vie devant toi et en plus… elle bouge dans la direction que tu veux !
576 days ago ·
Pas surhumaine ni cocaïnée non non… Pis attends, je sais pas ce que ça va donner. Et toi tu fous pas rien, tu fais que d’écrire, tu squattes les premières marches des top 100, bref t’envoies du p’tit bois aussi…
576 days ago ·
tu as fait le bon choix, ça va être dur mais non tu n’es pas du côté dark, tu es du bon côté de la tranche du “lire”
576 days ago ·
Merci Jef, je sais que ça va être dur mais enfin… qui ne tente rien n’a rien ! Heureuse d’apprendre que je suis du bon côté (mais j’en étais déjà persuadée !
576 days ago ·
Un mot surtout: bravo! Quel texte plein d’enthousiasme et d’espoir! Je te souhaite le meilleur dans cette nouvelle aventure.
576 days ago ·
Merci beaucoup !
576 days ago ·
Que ça fait du bien de lire des billets comme ça… Fonce ! (et bravo pour tes jobs)
576 days ago ·
Merci Laurence, on va foncer, on va foncer… The storie continues…
575 days ago ·
Ça fait vraiment plaisir de voir toutes ces bonnes nouvelles ! même si en vrai on se “connait” qu’à travers Twitter (mais ca ca va changer !^^) ca ne fait jamais plaisir quand une amie va mal surtout quand on est à 1000 bornes et qu’on peut pas te proposer d’aller boire un verre pour se changer les idées !
Je suis vraiment contente que tu aies trouvé un boulot qui te plaise et dans un domaine qui te passionne ! Pour notre projet, t’inquiète donc pas, il attendra. Tu agrandis ton réseau ça peut être que positif pour lui
Bonne continuation ! Tu biches !:D
575 days ago ·
Mais ouais mais graaaave qu’on est des potesses ! Allez, ramène ta face à Bruxelles qu’on rigole un coup IRL !
575 days ago ·
Voilà un article qui fait plaisir ! On peut dire que tu fais pas les choses à moitié : t’es pas du genre à trouver un seul job à la fois toi, tu préfères les enchaîner ! Et en plus de bientôt cartonner dans le numérique, tes récents petits déboires t’auront apporté une compétence quasi indispensable dans le monde 2.0 : savoir faire des gaufres !
Et je suis plutôt d’accord avec Paumadou : tu dis ne pas pouvoir faire 1000 choses en même temps, mais en te lisant on a vraiment l’impression que tu fais 1000 choses en même temps !
Bref, ravi que tout roule pour ta bosse et ton chapeau, on s’retrouve au plus vite dans le monde numérique !
575 days ago ·
Merci Pierrick, non je vous jure pas 1000 choses en même temps, c’est l’erreur à ne pas commettre…
La digital team est dans la place en tout cas et pour un bout de temps ! Toi non plus tu ne pourras pas y échapper !
574 days ago ·
J’espère bien ne pas y échapper ! Objectif premier : devenir auteur numérique. Je le sens bien tout ça !
Dans trente ans on en discutera tous autour d’un bon mojito, quand on sera devenu les grosses pontes véreux du numérique !
574 days ago ·
A fond ! Quand est-ce qu’on se fait un rencard team numérique des djeuns ? (bon allez même the old Panoz pourra venir… s’il daigne)
575 days ago ·
merci à toi, d’abord, pas évident de rejoindre petit kayak sur grosses vagues – et ce que tu ne dis pas, càd choisir modèle free-lance plutôt que sécurité salaire en fin de mois – j’ai l’impression qu’on est aussi en train d’inventer (pas publie.net, un peu tout le monde) autre chose, plus dans l’esprit web, à ne pas se la jouer “entrepreneurial”, mais cette constellation d’échanges – pour moi, ce qui est important, par rapport à l’édition tradi, c’est le dialogue dès l’amont du texte ou en cours de texte entre auteur et collectif éditeur – la question du code ne se pose pas une fois le texte (au sens large) terminé, mais dès la conception du projet éditorial – donc pas de “petites mains” et “gros epubs” mais plutôt bosser immédiatement en mini-collectifs auteur/codeur et pleine autonomie – et moi aussi étais dans tunnel l’autre soir quand t’ai mis twit depuis Louvain : noyé, donc ça voulait dire entonnoir généralisé, soit on faisait ce pas en avant vers plus de professionnalisation et ouverture, soit le truc s’étouffait de lui-même… tout à inventer donc, et c’est parti, qu’y z’y disent les cocos…
575 days ago ·
Go Roxou go!! La patate et l’enthousiasme y a que ça qui paye!!
575 days ago ·
Yep, gonna be crazy !
575 days ago ·
Bonjour la dame au Chapal, félicitations. Lis mon dernier post, tu vas te reconnaître et n’hésite pas à m’envoyer une photo de toi travaillant sur ton smartphone ou ta tablette, je l’ajouterai au post. Bonne continuation
574 days ago ·
Super goods news que voilà !!!!! Bravoooooooooooooo, go go !!
569 days ago ·
J’aurais toujours plaisir à suivre tes tweets et je lève mon chapeau (!) à ton énorme capacité de travail (24h/24?). Un grand bravo. On se croisera peut-être ? Je suis à Montreuil lundi 5 à 9h30, avec la souris qui raconte et Chloé Jarry de Camera Lucida (Carnaval des animaux), pour une table ronde, à la bonne franquette sur la lecture de demain (vaste programme !)
569 days ago ·
Great, j’aimerais passer à Montreuil lundi en plus, je ne sais pas si je serai déjà dans la place à cette heure-ci mais on se croisera surement ! Faudra choper mon chapal au passage ! Si j’arrive à temps, me ferai un plaisir de venir à votre table ronde !
476 days ago ·
mais … mais … TELLEMENT !
Juste TELLLEMENT !
Go you !
433 days ago ·
[…] Tout à construire… au boulot ! Enfin, pour finir, il faut que je remercie l’un de mes plus grands amis : Twitter* (et ben oui, Twitter…) Grâce à lui, j’ai été contactée par François Bon de Publie.net et Gregory Nicolaidis de WeLoveWords . C’est ça, le recrutement 2.0 … Des entretiens par Skype et pas de chichis. On se tutoie et on y va cash. Peut-être parce que tout va très vite et qu’on a pas le temps de tergiverser. La Dame au Chapal […]